Résumé de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Livre I

Le 6 janvier 1482, le peuple est réuni dans le palais de justice de Paris pour assister à un mystère joué en l’honneur du prochain mariage de Marguerite de Flandre avec le Dauphin.

Cependant, à l’entrée de l’évêque et des ambassadeurs de Flandre, le peuple, au grand dam de l’auteur Pierre Gringoire, se désintéresse complètement de la pièce qui sombre dans le brouhaha orchestré par le turbulent écolier Jehan Frollo, relayé par l’un des ambassadeurs qui préside à l’élection du pape des fous, auteur de la plus belle grimace. C’est Quasimodo, le monstrueux sonneur de cloches de Notre-Dame, qui est plébiscité par la foule qui se précipite ensuite pour voir danser la Esméralda, une splendide bohémienne de quinze ans accompagnée de sa chèvre savante Djali.

Livre II

Gringoire, dépité, erre dans les rues et aboutit place de Grève où il admire à son tour la danse de la jeune fille qui subit les imprécations d’un prêtre chauve et d’une recluse. Alors que Quasimodo est porté en triomphe par la foule, le même prêtre l’arraisonne et lui ordonne de le suivre. Tandis que Gringoire a repris sa déambulation à la recherche d’un gîte et retrouvé Esméralda qu’il suit, Quasimodo et son compère tentent d’enlever celle-ci ; elle est sauvée de justesse par le capitaine Phœbus de Château- pers. Elle poursuit alors sa route, toujours suivie par Gringoire, et arrive dans la cour des Miracles, un repaire de truands qui arrêtent Gringoire et décident de le pendre. Au moment fatal, Esméralda accepte de l’épouser pour le sauver, sans pour autant se donner à lui. 

Livre III

Le narrateur consacre alors un long développement à Notre- Dame et à l’architecture, déplorant les dégradations humaines, et transporte le lecteur en haut des tours pour lui présenter un panorama de Paris à la fin du XVe siècle. 

Livre IV

Il présente ensuite Quasimodo : enfant trouvé, il a été adopté par le prêtre chauve, l’archidiacre de Notre-Dame Claude Frollo, versé dans les sciences, qui a lui-même perdu tôt ses parents et s’occupe avec une tendresse bourrue de son garnement de frère. Quasimodo, être difforme et sourd, sujet de la vindicte publique, a fait de la cathédrale son repaire et voue une reconnaissance sans borne à son père adoptif qui se livre quant à lui passionnément à l’alchimie.

Livre V

Sa renommée lui vaut d’ailleurs un soir la visite du médecin du roi accompagné de Charmolue, haut magistrat, qui veut s’initier à l’alchimie. Cependant, le discours de Claude se concentre surtout sur la mort de l’architecture qui est selon lui vouée à être tuée par l’imprimerie. 

Livre VI

Quasimodo, arrêté pour son exaction de la veille, est alors victime d’une parodie de justice et condamné à subir le supplice du fouet puis du pilori place de Grève, où se trouve, dans une sorte d’in pace nommé le trou aux rats, la recluse qui pleure depuis quinze ans son enfant enlevée par des bohémiens, auxquels elle voue une haine farouche. Alors que Quasimodo subit son supplice et qu’il demande en vain à boire, Esméralda lui porte secours. 

Livre VII

Chez les Gondelurier, Phœbus fait avec peu de passion sa cour à la noble Fleur-de-Lys ; apercevant Esméralda qui danse sur le parvis, il la fait monter et Djali trahit l’amour de sa maîtresse en recomposant à partir de lettres éparses le prénom du capitaine ravi d’une telle aubaine. La jeune fille semble cristalliser l’attention de Claude, qui la regarde danser du haut de la cathédrale et interroge Gringoire à son sujet, mais aussi de Quasimodo qui en oublie de sonner les cloches. Sur ces entrefaites, Jehan, ruiné par sa vie dissipée, rend visite à son frère pour lui extorquer quelque argent ; il a ainsi l’occasion de contempler tout l’attirail de l’alchimiste et le mot « ANARKH » gravé sur le mur, et assiste caché à la visite des disciples de son frère lui promettant de lui livrer à sa discrétion Esméralda. Jehan sort enfin et retrouve Phœbus avec lequel il va boire, discrètement suivi par Claude qui apprend de ce fait que Phœbus a rendez-vous avec Esméralda. Il le suit et conclut avec lui un marché : en échange d’argent, il l’accompagne dans un bouge et, caché dans une pièce contiguë, il voit entrer Esméralda. Au moment où celle-ci va succomber, il entre dans la pièce et poignarde Phœbus avant de s’enfuir des lieux du crime, dont elle se trouve ainsi accusée.

Livre VIII

Gringoire assiste au procès où elle proclame son innocence avant d’avouer pour éviter d’être torturée ; elle est alors jetée dans un cachot humide et obscur où elle reçoit la visite de Claude qui lui avoue sa passion et lui propose une fuite qu’elle refuse. Phœbus, qui a survécu, revient alors faire plus ardemment sa cour à Fleur-de-Lys, et ils assistent du balcon à l’arrivée d’Esméralda à Notre-Dame où elle doit faire réparation ; or, au moment où elle allait être entraînée pour être pendue, elle est enlevée par Quasimodo qui sait que la cathédrale est sacrée et constitue un lieu d’asile inviolable.

Livre IX

À son retour à Notre-Dame après une errance dans les rues en plein délire, Frollo y rencontre Esméralda qu’il croyait morte et pense avoir perdu la raison ; la jeune fille, malgré l’effroi ressenti face au misérable Quasimodo entièrement soumis à sa beauté, retrouve la tranquillité ; le bossu lui propose même de lui amener Phœbus lorsqu’il comprend qu’elle l’aime, mais, voyant que le capitaine n’a que faire d’Esméralda, il préfère lui dire qu’il n’a pu le trouver. Revenu de ses émotions, Claude tente alors de prendre la jeune fille de force mais en est empêché par Quasimodo.

Livre X

Averti que le parlement entend violer l’asile de la cathédrale, Claude fomente alors un plan avec Gringoire pour la faire évader avec l’aide des truands de la cour des Miracles, rejoints par son frère Jehan. Après les préparatifs, ceux-ci assiègent Notre- Dame mais se heurtent à la résistance de Quasimodo qui pense qu’ils en veulent à Esméralda (épisode de la mort de Jehan), puis à la garde du roi Louis XI qui a appris la sédition autour de la cathédrale placée sous sa protection ; les bandits en déroute, Quasimodo retrouve la chambre d’Esméralda vide (Fin du Livre X), car Gringoire et Claude en ont profité pour la faire évader par la Seine.

Livre XI

Gringoire parti de son côté avec Djali, Esméralda découvre que son autre sauveur n’est autre que Frollo qui l’implore de se sauver avec lui. Devant son refus, il part la dénoncer aux gardes en la confiant à la recluse. Celle-ci s’aperçoit bientôt qu’Esméralda est sa fille et la sauve des soldats en la cachant dans sa cellule mais, apercevant Phœbus, Esméralda se trahit en criant son nom. Elle est alors pendue, et ce spectacle atroce est contemplé du haut de Notre-Dame par Frollo et Quasimodo ; au rire dément du prêtre, celui-ci comprend tout et le précipite du haut de la tour. Il rejoint alors Esméralda dans le charnier de Mont- faucon où, quelques années plus tard, on retrouve leurs cadavres embrassés.

Analyse de Notre-Dame de Paris 

► Fatalité du désir

« ANARKH » : c'est sur ce mot qu'on a fait ce livre, écrit Hugo dans la note qui ouvre le roman : comment mieux dire que Notre-Dame de Paris est un roman de la fatalité (sens du mot grec), mettant en scène des personnages aveuglés par leur passion (Esméralda pour Phœbus, Claude et Quasimodo pour Esméralda, la recluse pour sa fille, selon le schéma des romans baroques), qui s’apparentent ainsi à des personnages de tragédie, en ce sens que, comme Œdipe, ils précipitent leur destinée fatale au moment même où ils pensent l’inverser. À ce titre, la place de Grève, où sont réunis à l’orée du roman Esméralda, Claude et la recluse, constitue bien le point d’attraction fatal où se dénouera l’intrigue. Comme c’est l’usage dans la tragédie, le désir collabore à la destinée des personnages en rompant toute réciprocité (motif annoncé dès le refus d’Esméralda envers Gringoire) et s’inversant ainsi en démesure tournée vers la mort comme unique issue au débordement des passions.

Le narrateur présente ainsi trois formes d’amour toutes vouées à l’échec : le désir de possession (Frollo), une forme de libertinage (Phœbus) et un dévouement gratuit et contemplatif (Quasimodo), reprenant l’analyse de saint Augustin distinguant la libido sciendi, dominandi (désir de savoir et de domination : Frollo, ce nouveau Faust) et libendi (volupté : Phœbus) en ajoutant la passion pure mais sans espoir de Quasimodo.

S’élevant au-dessus de l’humain, le roman va même jusqu’à interroger l’Amour divin par l’intermédiaire de la cathédrale, véritable personnage du roman qui en représente comme la matérialisation, en montrant comment les visées divines transcendent l’homme qui semble en devenir le jouet. Finalement, Hugo présente ici un roman plus complexe qu’il n’y paraît, parce qu’il y expose de manière centrale le problème de la place du sujet face au désir, à l’action et au pouvoir.

► Histoire et politique

À l’origine, Notre-Dame est conçu par Hugo comme un roman historique dans la lignée de Walter Scott, roman gothique qui remet au goût du jour ce Moyen Âge déprécié par les Lumières et redécouvert par les romantiques. Au travers des principaux personnages du roman perce en effet une valeur historique symbolique évidente : si Frollo représente l’Église théocratique de cette époque, Phœbus et Louis XI annoncent les débuts d’un absolutisme déjà vicié et le peuple, à travers Quasimodo, manifeste une force encore mal canalisée et une conscience de lui-même encore peu claire, à l’image de la surdité qui frappe le sonneur de cloches. Comme l’affirme Coppenole, l’heure du peuple n’a pas encore sonné, et son échec devant Notre-Dame confirme son jugement. Par cette lecture symbolique, on saisit la visée politique du roman, sensible dans la satire de la justice, des privilèges et surtout dans la peinture du roi. En outre, la révolution de Juillet infléchi la rédaction du texte en renforçant la volonté de Hugo de saisir dans cette fin du XVe siècle, par analogie avec son temps, la persistance d’un certain obscurantisme et la levée contradictoire des temps modernes, c’est-à-dire de se situer à un moment charnière de l’Histoire où commence à se poser la question de la souveraineté du peuple, mais aussi sa possible dégénérescence dans des bas-fonds marginaux, origine d’un questionnement que viendront approfondir Les Misérables.

► Poétique du roman

Comme dans tous ses grands romans, Hugo s’attache ici à faire jouer une constante alternance des tons : les scènes de genre succèdent aux passages comiques, le mélodrame jouxte le plus pur tragique et le roman fraye même souvent avec l’esthétique théâtrale ou la poésie, présente dans les nombreuses chansons en vers qui émaillent le texte comme dans les images hardies qui en font le charme. De plus, le fil du récit se trouve bien souvent rompu par les interventions directes du narrateur (allant même jusqu’à s’arroger un livre entier), de sorte que c’est une véritable poétique du genre qui s’affirme dans Notre-Dame.

En ouvrant son texte sur une représentation littéraire, Hugo invite en effet le lecteur à saisir la difficulté pour l’écriture d’établir son juste rapport au monde, prenant pour repoussoir Frollo et son art chimérique, mais également Gringoire qui rebute l’auditoire par son académisme et trahit tout au long du texte son incompréhension de la réalité. Sans doute Hugo montre-t-il ici que la vraie littérature se doit d’embrasser tous les pans du réel, mêlant dans le grotesque le trivial et le sublime, afin d’aboutir à un livre-cathédrale qui puisse offrir un sens à découvrir par-delà les clivages génériques, afin d’énoncer un devenir historique en germe après l’échec de 1830 : l’avènement du peuple, c’est-à-dire sa révélation à lui- même.

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