Pour réussir le commentaire, il faut d'abord bien apprécier la spécificité du texte à étudier et ne pas développer un commentaire vague ou trop général. Pour cela il faut en examiner toutes les caractéristiques. Après avoir lu le texte au moins deux fois, il faut procéder à une analyse littéraire de celui-ci et commencer à noter les diverses remarques. Vous essayerez ensuite de regrouper ces dernières autour de deux ou trois axes pertinents et complémentaires de façon à obtenir une progression cohérente. Le plan ainsi obtenu servira de base pour la rédaction du commentaire.

I - Comment analyser un texte?

1- Aborder le texte à commenter

• Identifier la structure du texte

Examiner comment le sens est distribué dans les différentes parties du texte et la logique de sa progression : ordre chronologique, raisonnement inductif ou déductif, structure oppositive, énumération, des causes vers les conséquences ou l'inverse, le fait et le droit, de l'intérieur vers l'extérieur ou l'inverse ...etc

• Analyser la situation d’énonciation

II est intéressant de repérer en quoi un texte révèle, par les marques de subjectivité, la personnalité du locuteur. Demandez-vous par exemple:

— Le destinataire est-il impliqué (utilisation du pronom nous, interrogatives) ?

— La situation d’énonciation change-t-elle?

— Quand passe-t-on du récit au discours? Pourquoi ?

— Le locuteur s’adresse-t-il à un être inanimé, à un mort?

• Repérer le registre

Si le texte a recours à un registre particulier (tours épiques, enthousiasme lyrique, ironie, comique, polémique...etc.), mentionnez-le.

2. Analyser un texte en détail

Analyser un texte revient à inspecter chaque phrase dans ses moindres détails, en examinant tous les aspects suivants

• Les champs lexicaux

• Les symboles

Demandez-vous toujours si certains éléments du texte n’ont pas une valeur symbolique. Soyez sensible en particulier aux descriptions.

• Les métaphores

Expliquer une métaphore consiste à développer les points communs sous- entendus. Justifier la métaphore consiste à se demander ce qu’elle apporte au texte (connotation positive ou négative ?), si elle se justifie par le contexte (métaphore maritime si l’on est au bord de la mer, par exemple).

• Les autres figures de style

• La syntaxe de la phrase

• Les sonorités et le rythme

• La typographie

Pensez à repérer d’éventuelles informations purement visuelles

— Les paragraphes : si les paragraphes sont de taille très différente, on pourra s’interroger sur ces déséquilibres.

— Les vers: en poésie, pensez que les mots placés à la rime se trouvent mis en évidence. Si les vers sont libres Fiche 20, demandez-vous pourquoi l’auteur préfère ici un vers long (grandeur? lenteur?) et là un vers court (étroitesse? accélération ?).

— La forme des lettres peut, en poésie, devenir symbolique, si la lettre est mise en évidence par une majuscule ou une répétition : le O évoquera un objet circulaire (œil, globe); le V un oiseau en vol. etc.

3. Adapter l’analyse aux spécificités d’un genre

Chaque type de texte oriente l’analyse vers des problématiques spécifiques.

• Commenter un texte narratif

— Qui raconte le récit ? Est-ce le narrateur ou un personnage ? Peut-on déceler des marques de subjectivité ?

Quelle est la focalisation adoptée par le récit ? Reste-t-elle constante ou change-t-on de point de vue ?

— Interrogez-vous sur le temps du récit: pourquoi y a-t-il une accélération ou un ralentissement du texte ? Trouve-t-on des ellipses ?

Opère-t-on un retour dans le passé ou annonce-t-on l’avenir?

• Commenter un texte descriptif

—Trouvez l’axe d’organisation : suit-on un mouvement dans l’espace ou le temps? Pour un portrait, comment s’articulent le physique et le moral?

— En vous appuyant sur les modalisateurs , demandez-vous si la description comporte des jugements de valeur. Est-ce la façon de voir du narrateur ou d’un personnage ?

— Demandez-vous quelle est la fonction de la description : créer une atmosphère ? renforcer « l’effet de réel » ? révéler le caractère d’un personnage ?

Et surtout, comporte-t-elle des éléments symboliques?

• Commenter un texte théâtral

— Se trouve-t-on à un moment particulier: exposition, crise, dénouement?

— N’oubliez pas de commenter les didascalies. Sont-elles symboliques?

— Analysez la situation d’énonciation : les répliques contiennent-elles des allusions que le destinataire ne peut pas comprendre ? L’auteur adresse-t-il un message au spectateur à travers les répliques des personnages?

— Joue-t-on sur une convention théâtrale : monologue, aparté, stichomythie, quiproquo?

— Dans une comédie, identifiez les différentes formes de comique ( comique de mots, de geste, de situation...)

• Commenter un texte poétique

— Identifiez le genre poétique (lyrique, élégiaque...) et la forme retenue (sonnet, vers libres, prose...)

— Les rimes rapprochent-elles certains mots?

— Étudiez la métrique : songez qu’une diérèse allonge le mot, qu’une césure déplacée crée un effet de rythme important. Trouve-t-on des enjambements ou des rejets ?

• Commenter un texte argumentatif

— Quelle est la (ou les) stratégie(s) de modalisation choisie?

— Sachez reconnaître les types de raisonnements et d’arguments mis en œuvre.

— Repérez tous les indices de subjectivité : connotations du lexique et des exemples, pronoms on et je, verbes d’énonciation, ponctuation... Le texte le plus objectif en apparence recèle toujours des traces de subjectivité.

II - Le plan du commentaire :

Le plan est l’élément essentiel : il faut proscrire toute analyse « juxtalinéaire » (texte suivi ligne à ligne ou vers à vers) et éviter d’utiliser un plan de commentaire qui suivrait de trop près celui de l’extrait à commenter.

Il convient d’utiliser avec prudence le libellé qui donne des « pistes de lecture », non un plan. Il n’y a pas de plan passe-partout, le moins risqué reste néanmoins celui qui consiste à traiter les thèmes successivement. On peut aussi aller d’une lecture au premier degré à des lectures de plus en plus complexes (deuxième et troisième degrés).

Souvent, le type de plan suivant fonctionne pour tous les commentaires :

1) Aspect documentaire ou informatif (qu’est-ce que le texte nous apprend ? les lieux? les personnages ? l’époque?, etc.)

2) Aspect poétique (comment la réalité est transfigurée par l’art)

3) Aspect idéologique (le sens profond ou symbolique, les intentions cachées du texte, etc.).

De toute façon, un plan qui ne vous satisfait pas totalement est préférable à l’absence de plan. Parmi les exemples de « mauvais » plan de commentaire, il y aurait celui qui consiste à séparer le fond et la forme systématiquement. Pour ce qui est de l’étude stylistique, (champs lexicaux, registres de langue, effets de style, procédés de versification, présence ou absence du narrateur dans le texte, etc.), il faut insister sur ce qui est véritablement signifiant et produit un effet. Il est inutile par exemple de rappeler les règles du sonnet. En revanche, s’il y a un rejet qui paraît expressif, on le signale en précisant l’effet qu’il produit.

III - La rédaction du commentaire

L’introduction (dix à quinze lignes au maximum) sera rédigée après l’élaboration du plan du commentaire et écrite en entier au brouillon. Elle doit situer l’extrait dans un contexte historique ou thématique ou encore idéologique, citer l’œuvre, l’auteur, la date de parution. Il faut ensuite formuler de façon clair la problématique ou la question qui constituera le fil directeur de votre commentaire. Enfin annoncez le plan de manière habile.

Dans un même temps, il est conseillé de rédiger en entier la conclusion. Elle répond à l’introduction, forme une synthèse et émet au besoin un jugement personnel. Elle peut opérer des comparaisons, ouvrir sur d’autres œuvres, d’autres questions. Il est important pour vous d’avoir en tête votre conclusion pour rédiger votre devoir : cela donnera plus de force à votre pensée.

Il vous faut alors recopier l’introduction, laisser deux lignes blanches et commencer votre devoir au propre. Votre plan détaillé au brouillon et le texte que vous aurez annoté et souligné vous permettent de rédiger directement. N’oubliez pas de citer abondamment (et à bon escient) le texte avec des guillemets (même s’il ne s’agit que d’un mot). Il faut éviter à tout prix de plaquer artificiellement ces citations entre parenthèses par exemple de faire de la paraphrase.

Entre chaque partie, vous devez laisser une ligne en blanc et prévoir entre elles d’habiles transitions (pour « visualiser » le plan).

À la fin, il doit vous rester dix minutes pour vous relire, corriger l’orthographe et rétablir une syntaxe correcte.

Quelques conseils généraux pour réussir votre commentaire :

—N’oubliez pas de souligner les titres des œuvres ;

—ne faites pas des paragraphes trop longs (ni trop courts) ;

— soyez clair ;

—Ecrivez lisiblement ;

—Rédigez avec soin;

—Evitez le hors-sujet ;

— ne privilégiez pas le contexte aux dépens du texte (le pire qui puisse arriver est de « tomber sur un auteur que l’on connaît et de courir le risque de s’étendre sur des considérations qui n’ont rien à voir avec l’extrait à commenter) ;

—N’utilisez pas trop la biographie.


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