La parole : choix de citations

Phèdre, Les fausses confidences, Romances sans paroles

1. Phèdre de Platon

• « Il faut savoir sur quoi porte la délibération — sans quoi, forcément, on se trompe complètement. Or les gens s’aperçoivent qu’ils ne connaissent pas l’essence de chaque chose. Ainsi, croyant la connaître, ils ne s’accordent pas sur ce qui constitue le point de départ de l’examen [...]: car ils ne sont d’accord ni avec - eux-mêmes, ni les uns avec les autres » (23 7e).

• «Je désire, par l’eau pure d’un second discours, laver l’amertume de celui que tu viens d’écouter» (243d).

• « Celui qui parvient aux portes de la poésie sans cette folie des Muses, persuadé que grâce à son habileté technique il sera un bon poète, celui-là sera un poète manqué: la poésie de l’homme qui est dans son bon sens est supplantée par celle des hommes qui délirent» (245a).

• « Dire ce que [l’âme] est, c’est l’affaire d’un exposé de part en part divin, et très long. Mais dire à quoi elle ressemble, c’est l’affaire d’un exposé humain et moins long» (246a).

• « Le voilà donc amoureux, mais il serait bien en peine de dire de quoi. Il ne sait pas ce qu’il éprouve et ne peut le dire, mais de même que lorsqu’on a attrapé de quelque autre une ophtalmie on ne sait pas en dire la cause, de même il ne comprend pas que c’est lui-même qu’il voit dans son amoureux, comme en un miroir» (255d).

• «Il n’y aura jamais d’art authentique de la parole sans lien à la vérité» (260e).

• «La rhétorique ne serait-elle donc pas dans son ensemble un art de conduire les âmes au moyen des discours, non seulement dans les tribunaux et dans toutes les autres assemblées publiques, mais également dans les assemblées privées? » (26 la).

• «Il sera donc risible, à ce qu’il semble, et dépourvu d’art, l’art du discours de celui qui ne connaît pas la vérité, mais n’a pourchassé que des opinions» (262c).

• « Peut-être aussi les interprètes des Muses, les cigales qui chantent au-dessus de nos têtes, nous ont-elles octroyé ce privilège de l’inspiration: car pour moi, je suis dépourvu de tout art de la parole» (262d).

• « Il faut que tout discours soit composé comme un être vivant, avec un corps, de façon à n’être dépourvu ni de tête, ni de pieds, mais à avoir des parties médianes et des parties extrêmes, qui soient écrites de manière à être appropriées les unes aux autres» (264e).

• «Moi, je suis amoureux de ces divisions et de ces rassemblements, qui me rendent capable de parler et de penser» (266b).

 

• « Si tu es naturellement doué pour l’art oratoire, alors tu seras un orateur réputé, à condition d’y ajouter le savoir et l’exercice, tandis que si te manque une des conditions, tu resteras un orateur imparfait» (269d).

• « On pourrait croire que [les discours] sont intelligents et qu’ils parlent, mais si on les interroge en voulant comprendre ce qu’ils disent, c’est toujours une seule et même chose qu’ils signifient» (275d).

 

 

2. Les Fausses Confidences de Marivaux

• «Fierté, raison et richesse, il faudra que tout se rende. Quand l’amour parle, il est le maître et il parlera» (Dubois, I, 2).

• « La vérité est que voici une confidence dont je me serais bien passée moi- même » (Araminte, I, 15).

• «Tu es bien imprudent, Dubois, bien indiscret; moi qui ai si bonne opinion de toi, tu n’as guère d’attention pour ce que je te dis. Je t’avais recommandé de te taire sur le chapitre de Dorante [...] et tu me l’avais promis: pourquoi donc avoir prise, sur ce misérable tableau, avec un sot qui fait un vacarme épouvantable, et qui vient ici tenir des discours tous propres à donner des idées que je serais au désespoir qu’on eût? » (Araminte, II, 12).

«Je ne sais de son amour que ce que tu m’en dis; et je ne suis pas assez fondée pour le renvoyer; il est vrai qu’il me fâcherait s’il parlait; mais il serait à propos qu’il me fâchât» (Araminte, II, 12).

• « Son état est bien au-dessus du mien. Mon respect me condamne au silence; et je mourrai du moins sans avoir eu le malheur de lui déplaire » (Dorante, 11, 15).

• « Oh! oui: point de quartier. Il faut l’achever, pendant qu’elle est étourdie [...] Ne voyez-vous pas bien qu’elle triche avec moi, qu’elle me fait accroire que vous ne lui avez rien dit? Ah! Je lui apprendrai à vouloir me souffler mon emploi de confident pour vous aimer en fraude » (Dubois, III, 1).

• «Moi! un dissimulé! moi! garder un secret! Vous avez bien trouvé votre homme! En fait de discrétion, je mériterais d’être femme » (Dubois, III, 2).

• « Comment donc, m’imposer silence! à moi, Procureur! Savez-vous bien qu’il y a cinquante ans que je parle, Madame Argante? » (Monsieur Remy, III, 5).

• «Eh non, point d’équivoque. Quand je vous dis qu’il vous aime, j’entends qu’il est amoureux de vous, en bon français; qu’il est ce qu’on appelle amoureux; qu’il soupire pour vous; que vous êtes l’objet secret de sa tendresse » (Madame Argante, ffl,6).

 

3. Romances sans paroles de Paul Verlaine 

• « Ô le frêle et frais murmure! Cela gazouille et susurre, Cela ressemble au cri doux

Que l’herbe agitée expire... » (Ariette I, p. 125).

• « Cette âme qui se lamente

En cette plainte dormante

C’est la nôtre, n’est-ce pas?

La mienne, dis, et la tienne,

Dont s’exhale l’humble antienne

Par ce tiède soir, tout bas? » (Ariette I, p. 125).

• «Je devine, à travers un murmure,

Le contour subtil des voix anciennes» (Ariette II, p. 126).

• « Et mon âme et mon coeur en délires

Ne sont plus qu’une espèce d’oeil double

Où tremblote à travers un jour trouble

L’ariette, hélas! de toutes les lyres» (Ariette II, P. 126).

• « Ô mourir de cette mort seulette

Que s’en vont, cher amour qui t’épeures

Balançant jeunes et vieilles heures!

O mourir de cette escarpolette! » (Ariette II, p. 126).

• « Un air bien vieux, bien faible et bien charmant, Rôde discret, épeuré quasiment, Par le boudoir longtemps parfumé d’Elle » (Ariette g p. 129).

• «Mon âme dit à mon coeur: Sais-je Moi-même que nous veut ce piège D’être présents bien qu’exilés, Encore que loin en allés?» (Ariette VII, p. 132).

• « Combien, ô voyageur, ce paysage blême Te mira blême toi-même,

Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées Tes espérances noyées! » (Ariette IX, p. 135).

• « Quoi donc se sent?

L’avoine siffle

Un buisson gifle

L’oeil au passant » (« Charleroi », p. 137).

• «Vous n’avez rien compris à ma simplicité » (« Child wife », p. 152).

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