Ubu roi : résumé par actes

« Drame » en cinq actes et en prose d'Alfred Jarry, créé au Théâtre de l'Œuvre le 10 décembre 1896

Acte I. La scène est en Pologne, c'est-à-dire nulle part. Ubu est l'officier de confiance du roi Venceslas. L'ambitieuse mère Ubu lui suggère de tuer le roi pour prendre le pouvoir. Lors d'un dîner où l'on sert de la « merdre », Ubu ourdit son complot et s'allie au capitaine Bordure.

Acte II. La reine tente en vain de dissuader Venceslas de se rendre à la fatale revue. Le roi est tué, la reine et leur fils Bougrelas s'échappent. Elle meurt d'épuisement et Bougrelas jure de se venger. Ubu distribue de l'or au peuple.

Acte III. Malgré l'avis de la mère Ubu, il exerce une odieuse tyrannie en faisant passer à la trappe nobles, magistrats et financiers et en pressurant les paysans. La révolte gronde et le peuple se rallie à Bougrelas, tandis que Bordure passe en Russie, dont le tsar Alexis veut réta­blir Bougrelas en envahissant la Pologne. Ubu part pour la guerre, confiant la régence à la mère Ubu.

Acte IV. Bougrelas chasse la régente. Faisant preuve de lâcheté, Ubu perd la bataille contre les Russes et se réfugie dans une caverne.

Acte V. Arrive la mère Ubu en fuite. Elle feint d'être un spectre, mais en se levant le jour la trahit. Ubu la bat. Surviennent Bougrelas et ses partisans. Les Ubu s'enfuient et font route vers la France.

Analyse d' Ubu roi : une comédie hors norme

Dès le « merdre » du lever de rideau, le langage de Jarry s'impose avec ses déformations et ses effets de style restés fameux, ainsi que son détournement parodique des formes du théâtre du 19e siècle comme du drame shakespearien, Macbeth étant un intertexte majeur. Susceptible d'inépuisables commentaires, Ubu est un type universel qui renvoie à l'humain, au trop humain. Avec cette pièce, œuvre essentielle pour le 20e siècle une avant-garde naît.

Il faut faire une place toute particulière à Ubu roi, que l’on peut qualifier de drame ou de comédie, car la trame historique est fantaisiste et les morts farcesques. Si, comme nous l’avons dit, la pièce se conforme à une forme de théâtralité symboliste, elle est l’occasion de ce que l’on a pu appeler la « bataille d’Hernani du symbolisme» lors de sa première au Théâtre de l’Œuvre. Farce géniale, qui hausse la caricature jusqu’au mythe, elle sonne d’une certaine manière le glas du symbolisme et l’Œuvre fermera provisoirement ses portes en juin 1899 (voir chap. 11). On ne saurait cependant réduire Ubu roi au seul destin du théâtre symboliste, car sa postérité en fait une fable des temps modernes, consacrée par la lexicalisation de l’adjectif «ubuesque». Surtout, Jarry radicalise toutes les recherches théâtrales (refus du réalisme, de la psychologie, de la diction clas­sique) et affirme, selon le titre de l’un de ses textes, «l’inutilité du théâtre au théâtre». Jarry ne cessera de réutiliser son personnage, avec notamment Ubu enchaîné et Ubu sur la butte (1901).


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