On parle de narration lorsqu’un texte fait le récit d’événements, réels ou fictifs, qui impliquent des faits, des personnages, des lieux, un déroulement, et un narrateur.

I- Identifier un texte narratif

On reconnaît un texte narratif au fait qu’il rapporte, par la voix d’un narrateur, une histoire inscrite dans un contexte spatio-temporel, comprenant un état initial et un état final.

  • Histoire et narration

Un texte narratif est le produit de deux éléments : l’histoire (ce qui est raconté) et la narration (la façon dont l’histoire est racontée). On peut facile­ment comprendre cette différence si l’on pense à une expérience fréquente : entendre raconter la même histoire de plusieurs façons différentes.

  • L’importance du temps et du lieu

Les événements d’un récit sont inscrits dans le temps et se déroulent dans un ou des lieux. Cette caractéristique détermine la présence, dans un texte narratif, d’indicateurs de temps et de lieux ainsi que des variations de temps verbaux. Leur variation marque une évolution et assure le pas­sage d’un état initial (la situation du début) à un état final (le point d’aboutissement).

  • La présence d’un narrateur

Le récit passe par la voix d’un narrateur qui raconte l’histoire. Il faut le distinguer de l’auteur qui est celui qui signe le livre. La présence du narrateur est plus ou moins visible dans le texte.

II- Analyser un texte narratif

Lire méthodiquement une narration implique d’être attentif aux points suivants :

  • La succession des faits

On attendit encore. Les invités partirent ; seuls, les parents tes plus proches demeuraient. À minuit, on coucha la mariée toute secouée de sanglots. Maupassant. On observe ici une chronologie et des actions effectuées par chacun des personnages.

  • L’ordre de présentation des faits

- Une histoire n’est pas toujours rapportée dans son déroulement chronologique. La narration peut per­turber l’ordre de succession des faits en interca­lant des « retours en arrière ». Par exemple au début de cette nouvelle de Maupassant intitulée L’enfant :

« Après avoir longtemps juré qu’il ne se marierait jamais, Jacques Bourdillère avait soudain changé d’avis. Cela était arrivé brusquement, un été, aux bains de mer.
Un matin, comme il était étendu sur le sable, tout occupé à regarder les femmes sortir de l’eau [...].»

Le deuxième paragraphe opère un retour en arrière, raconte la scène de la ren­contre qui a eu lieu un an auparavant.

  • La vitesse du récit :

Une longue période peut être racontée en quelques mots : Cela dura des semaines, des mois >>> Cendrars, Moravagine. Ou bien des « blancs » dans le récit peuvent laisser passer des années sans les raconter. Ce sont des ellipses. Dans le cours d’une narration, une scène raconte l’enchaînement des faits comme s’ils se déroulaient sous nos yeux.

  • Les temps verbaux :

Dans un récit au passé, le passé simple sert pour le récit des scènes, pour mettre au premier plan certains événements ; l'imparfait sert à assurer l’arrière-plan. Le présent permet d’actualiser des faits passés, en produisant un effet de simultanéité entre l’histoire et la narra­tion : « Les ennemis engagent le combat (...). Les nôtres, abandonnant leur javelot, se battent avec l'épée. Soudain derrière l'ennemi la cavalerie apparaît. De nouvelles cohortes approchaient : les ennemis prirent la fuite. Mais nos cavaliers leur coupent la route. On fait un grand carnage ». Jules César, La guerre des Gaules. L’emploi, plus rare, du passé composé traduit la juxtaposition des actions sans relation de cause à effet (d’où l’impres­sion d’« absurde » dans le roman L’Étranger de Camus

  • Les indices de la présence du narrateur : différents cas se présentent.

On identifie facilement le narrateur car il est un des personnages de l’histoire qu’il raconte (Voyage au bout de la nuit de Céline). Le récit est alors mené à la 1re per­sonne. (Dans une autobiographie, le narrateur se confond avec l’auteur.)

Le narrateur n’existe pas comme personnage, mais il manifeste sa présence par des signes : des interventions ou des adresses au lecteur ; des modalisateurs (sans doute, certaine­ment), ou des termes qui expriment son sentiment (« Puis (il) étudiait quelque méchante demie heure », Gargantua de Rabelais

On peut difficilement identifier le narrateur car l’histoire semble « s'écrire toute seule ». C’est le cas de nombreux récits à la 3e personne, prin­cipalement les romans du XIXe siècle. La narration adopte différentes pers­pectives, selon les différents modes de focalisation.

III- Les genres narratifs

Ce sont : le roman, la nouvelle, le conte, la fable. Mais des passages narratifs peuvent se rencon­trer dans d’autres genres : au théâtre, lorsqu’un per­sonnage raconte ce qui lui est arrivé ou est arrivé à quelqu’un d’autre.

On trouve aussi des passages narratifs dans les textes argumentatifs.


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