La dissertation de culture générale et la philosophie

Bien évidemment, vous ne pouvez réussir la dissertation de culture générale sans posséder à la fois un bagage et une méthode philosophique. En effet, pour problématiser les dissertations, il faudra bien utiliser des analyses conceptuelles apprises en étudiant le thème. De la même façon, les thèses défendues ont tout intérêt à s’appuyer sur des auteurs qui permettent de donner densité et rigueur au propos. C’est ce que vous apprendrez tout au long de l’année et ce sur quoi vous ne pouvez faire l’impasse.

Élaborer une réflexion personnelle, ce n’est donc pas penser seul. C’est au contraire avoir la modestie intellectuelle de voir que les auteurs et les théories peuvent vous aider à formuler votre pensée.

La spécificité de la dissertation de culture générale

Ce que l’on vous demande cependant n’est pas une dissertation philosophique au sens du baccalauréat ou au sens des études universitaires. Ce qui est difficile à comprendre c’est qu’on ne vous demande pas moins, à savoir une production sous-philosophique, mais plus : il faut que vous ayez suffisamment digéré votre culture philosophique pour produire une analyse efficace des problèmes proposés par le sujet. En somme, vous devez posséder une philosophie active, capable d’éclairer toute situation, et pas seulement une philosophie théorique qui risque de vous entraîner dans des digressions à l’infini. Il n’y a donc pas, contrairement à ce que pensent trop souvent les étudiants, de rupture essentielle entre la partie philosophique et la partie culturelle de la matière. Si les questions que vous posez sont de vraies questions, c’est-à- dire des questions qui peuvent poser problème à tout homme, il n’y a aucune raison pour qu’elles n’aient fait l’objet que de traités philosophiques : des romans, des films, d’autres sciences auront pu tout aussi bien en traiter.

On peut donc résumer les attentes finales des jurys en deux points.

  • La clarté

Mon propos doit être maîtrisé et limpide. Il faut que de l'introduction la conclusion, je donne le sentiment que j'ai une vue d’ensemble du sujet et que je progresse vers une solution en sachant distinguer les considérations essentielles de celles qui ne sont qu’anecdotiques.

  • Le sens de la complexité

Sans que le propos précédent soit démenti, et l’on mesure alors la difficulté de l’exercice, je dois dépasser les analyses du sens commun, caricaturant les problèmes, avides d’affirmations brutales. En un mot, la clarté n’est pas le simplisme. Je dois repérer la complexité du problème, bien en faire le tour et le dépasser dans ma solution par le haut, et non en le niant. Et c’est dans la construction de la complexité, repérée, maîtrisée, dans laquelle je ne dois pas me noyer, que l’on comprend l’intérêt de mobiliser une solide culture générale.

Pourquoi une dissertation  de culture générale?

Clarté et sens de la complexité sont deux qualités que l’on attend d’un décideur. L’épreuve de culture générale ne constitue pas une forme d’alibi culturel mais permet de tester ainsi une future compétence professionnelle : serai-je, pour tout type de problème, capable de produire une analyse claire et exhaustive et de proposer à des collaborateurs des solutions tout aussi claires et sensées, capables de mobiliser des acteurs différents ? Bref, saurai-je prendre les bonnes décisions pour de bonnes raisons et convaincre chacun de la justesse de mon analyse?

Le contenu et l’usage de la culture générale

L’important ici est de comprendre que la question de la culture générale est moins la question de son étendue que celle de ma capacité à la mobiliser. Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas ici de proposer un travail moindre, au sens ou vous n’auriez pas à en connaître beaucoup, mais un travail plus important. En effet, il est plus facile de jouer à «Questions pour un champion» (un savoir superficiel et allusif dans toutes les directions) que de vraiment posséder une solide culture générale (peut-être moins étendue, mais utile).

La part de la philosophie, nous l’avons vu, est bien sûr prépondérante. Mais ne s’en tenir qu’à elle serait insuffisant : des connaissances en littérature, sociologie, peinture, faits de société, cinéma, économie, histoire sont tout à fait utiles, aucun domaine n’est à négliger. Elles vous aideront d’une part à donner une dimension concrète à vos analyses, d’autre part vous disposerez ainsi d’exemples capables d’illustrer avec clarté un propos qui sans cela risquerait d’être abscons.

La mobilisation de la culture générale dans la dissertation

Vous l’avez deviné, c’est ici que tout se joue. La dissertation de culture générale n’est pas un exercice de récitation. Une bonne copie n’est pas celle qui étale sans retenue le travail fait pendant l’année, aussi ne mobilise-t-elle pas des connaissances à l’infini. Elle fait appel à des références peut-être moins nombreuses qu’on ne s’y attendrait, mais toujours avec pertinence et profondeur. Cela signifie que lorsque vous convoquez un auteur, un film, un roman, une donnée quelconque, ce n’est pas parce que vous savez peu de chose et que vous essayer de tout «placer », c’est parce que vous choisissez avec intelligence seulement ce qui convient dans le cours de votre dissertation. Et lorsque vous en faites usage, ce n’est jamais allusif. En effet, vous maîtrisez cette référence, vous êtes capable d’en tirer tout le suc. Cela implique que tant dans vos lectures que dans, par exemple, les films que vous voyez en cours d’année, vous ayez l’idée d’écrire des notes sérieuses en rapport avec le thème : une culture générale se construit avec papier et crayon, l’imprégnation passive ne donnant jamais des résultats suffisants.

Chaque année, les étudiants sont tentés de préférer des références nombreuses à des exemples approfondis. Or ces dernières n’ont aucun sens lorsqu’elles sont «expédiées» sommairement en deux ou trois lignes ou enchaînées en forme de «brochettes» censées impressionner. L’effet attendu — démonstration de vaste culture — n’est jamais celui qui est obtenu: vous démontrez ainsi au correcteur que vous n’avez rien tiré de vos lectures, qu’elles ne valent pour vous que par leur poids et non par leur profondeur.

Dernière précision : un exemple bien exploité, ou encore une référence culturelle bien développée, valent tout autant qu’un passage théorique bien maîtrisé. Il n’y a pas de hiérarchie entre la part philosophique et la part culturelle de la dissertation. Plus encore, si vous ne vous sentez pas à l’aise avec une référence philosophique mais que vous maîtrisez mieux un exemple, n’hésitez pas à recourir à celui-ci plutôt qu’à celle-là : bien des copies pourraient tirer plus facilement leur épingle du jeu si elles ne s’obstinaient pas à adopter un ton théorique maladroit et préféraient avoir plus largement recours à des exemples bien développés.

 

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