L’apport de l’islam médiéval

L’essor de la civilisation islamique au moyen age créa une atmosphère favorable au développement de la science et de la philosophie. Les savants musulmans se livrèrent à de nombreuses traductions et commentaires des textes grecs, romains et indo-iraniens. Une part seulement de ce vaste savoir fut transmise à l’Europe via l’Italie et l’Espagne.

I – Les zones d’influence :

1 – L’Espagne : Dès le Xe siècle, s’établissent des contacts entre les penseurs musulmans et les occidentaux. De 967 à 970, le pape Sylvestre II séjourna en Catalogne d’où il rapporta des connaissances mathématiques et astrologiques.

2 – La Sicile : Conquise par les arabes au Ixe siècle, elle fut un lieu de contact permanent entre musulmans et européens, ce qui permit à l’Europe de découvrir la médecine arabe. Même après sa reconquête par les chrétiens au XIe siècle, la Sicile restera un carrefour des civilisations islamique et occidentale.

II – La traduction :

Au XIe siècle, la ville de Tolède fut un centre intellectuel important de l’Andalousie musulmane. Après sa reconquête par les chrétiens à la fin du XIe siècle(1085), un grand mouvement de traduction des œuvres arabes qu’on nomme « Ecole de Tolède » s’y développa au XIIe siècle. On traduit Al Khawarizmi, Avicenne, Rhazès mais aussi le Coran. Vers le XIIIe siècle, l’essentiel des connaissances arabes est passé en occident grâce au soutien de deux rois : Frédéric II d’Italie (1202-1250) et Alphonse X d’Espagne , roi de Castille (1252-1284).

Les savoirs transmis concernent essentiellement :

-Les mathématiques (Al Khawarizmi IXe)

-La médecine (Avicenne XIe et Rhazes Xe siècle)

-La philosophie (Al Ghazali XIe et Averroès XIIe siècle)

Mais le plus grand mérite des savants et penseurs arabo-musulmans fut de faire redécouvrir aux européens l’héritage de l’antiquité grecque concernant la science et la philosophie.

III – Averroès et l’Averroïsme :

1 – Averroès : médecin, juriste, dignitaire du régime almohade au XIIe siècle, IbnRushd est chargé d’éclaircir certains points de la doctrine d’Aristote. Il en rédigera d’importants commentaires qui feront autorité dans toute la chrétienté occidentale jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il a travaillé sur la connexion entre la révélation (coranique) et la raison (philosophique), s’efforçant de concilier, sans les confondre, « le rationnel et le traditionnel ».

2 - L’averroïsme : il désigne bien évidemment la doctrine d’Averroès (1126 -1198) mais également les interprétations multiples qu’elle a reçue au cours de l’histoire (ses commentaires sur Aristote furent à la base de l’école averroïste de Paris, condamnée en 1277).

La diffusion de sa pensée a surtout été assurée par des juifs et des chrétiens (Libera, Hayoun) non sans méprises et déformations, qui courent encore aujourd’hui et font de l’averroïsme une réalité complexe, dont le rôle dans la formation de la pensée occidentale a été considérable, au point que des historiens récents considèrent Averroès comme un des pères spirituels de l’Europe.


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