Le monde grec : la cité grecque

Les Grecs vivent dans des cités indépendantes les unes des autres et non dans un royaume. Contrairement aux Égyptiens qui se soumettent à la loi de Pharaon, un Grec suit les lois de sa cité, qui peuvent être différentes de celles de la cité voisine. La cité est le cadre de vie, mais aussi la fierté de tout Grec. Comment fonctionne-t-elle?

1. L’indépendance de la cité :

La cité n’est pas simplement une ville. Elle comprend également un territoire, c’est-à-dire sa campagne environnante, qui permet de nourrir les habitants. Les liens entre la ville et la campagne sont étroits : d’abord parce que certains habitent la ville et travaillent à la campagne, que les paysans viennent à la ville célébrer certains cultes et régler les affaires politiques, enfin parce que la campagne est généralement très proche de la ville (moins de vingt kilomètres). Une seule exception, le territoire d’Athènes, l’Attique, qui est particulièrement vaste. Chaque citoyen s’engage à défendre son territoire contre les envahisseurs, grecs ou non grecs.

Chaque cité est indépendante : c’est une communauté politique. Elle mène ses propres guerres, passe ses propres alliances avec les autres cités. Elle possède aussi son gouvernement, ses lois, qui peuvent être différentes d’une cité à l’autre.

L’histoire de la Grèce antique est en partie celle de la lutte des différentes cités pour protéger leur indépendance, face à d’autres plus puissantes comme Athènes ou à des peuples comme les Perses, les Macédoniens ou les Romains.

2. Les habitants de la cité : la population d’une cité est divisée en différents groupes.

2.1. Les citoyens : Le groupe le plus important est celui des citoyens hommes. En cas de guerre, ils défendent la cité les armes à la main, ils peuvent posséder des terres et participent aux assemblées. La terre, les armes, la discussion politique : voilà le domaine réservé des citoyens. Pour en faire partie, il faut être né d’un père et d’une mère citoyens. C’est pourquoi un père citoyen expose son enfant, quelques jours après la naissance, et le présente au voisinage, afin de montrer qu’il est sien et sera de fait un futur citoyen.

S’il faut avoir une mère citoyenne pour être citoyen, le rôle des citoyennes est plus réduit que celui des hommes. Elles ont cependant une place importante dans les fêtes religieuses : à Athènes, les jeunes filles tissent le vêtement d’Athéna et le lui apportent lors des panathénées

2.2. Les métèques : Les métèques sont des habitants dont les parents ne sont pas citoyens mais qui sont libres. À l’origine, il s’agissait d’étrangers venus s’installer dans la cité. Ils ne peuvent posséder la terre et sont généralement artisans ou commerçants. Ils ne participent pas aux assemblées. Certaines cités font pourtant appel à eux en cas de guerre. Ils participent aussi aux fêtes religieuses.

2.3. Les esclaves : au service des citoyens et des métèques, se trouvent les esclaves. Ils sont achetés et vendus par leur maître et n’ont aucun droit. Les maîtres évitent généralement de les maltraiter pour ne point endommager leur propriété. Les esclaves vivent au sein de la famille et sont correctement nourris (ils ont coûté cher). Leurs enfants appartiennent au maître.

3. Les différentes cités du monde grec :

La répartition du pouvoir parmi les citoyens hommes est très différente selon les cités. Au Ve siècle av. J.-C., les Grecs ont tenté de classer les différents types d’organisation politique.

3.1. Les démocraties : Certaines cités sont des démocraties(dêmo-, « peuple » et -cratie, « décision »). Cela signifie que l’assemblée des citoyens prend les décisions, grâce au vote, chacun assurant à tour de rôle les fonctions de chef. C’est le cas d’Athènes au Ve siècle av. J.-C.

3.2. Les oligarchies : Dans d’autres cités, le pouvoir de prendre des décisions n’appartient qu’à un petit nombre de citoyens. Ce sont des oligarchies (oligo-, « petit nombre » et -archie, « commandement »). L’assemblée des citoyens entérine seulement ces décisions. C’est le cas de Corinthe, à la fin du VIe siècle av. J.-C. Parmi l’assemblée des citoyens, sont choisis quatre-vingts conseillers et un comité de huit directeurs qui dirigent la cité. Les citoyens doivent ensuite suivre leurs décisions.

4. Le développement de la politique :

La cité grecque met donc en présence des hommes qui s’intéressent aux affaires de leur État. Certes, le nombre des citoyens grecs (des hommes, libres, nés de parents citoyens) ne correspond pas à la population totale de la Grèce, et leur pouvoir dépend de l’organisation politique de la cité (démocratie ou oligarchie). Mais la cité grecque constitue un grand développement de la politique. L’agora, la place où se réunissent les citoyens, est le lieu de la discussion sur tout sujet concernant l’avenir commun


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